---| Un peu d’histoire


Fermes-châteaux, granges-fortifiées, maisons-fortes sont des vestiges remarqués dans le pays messin. Plusieurs étaient sises sur le ban communal de Montigny-lès-Metz. Leur souvenir est aussi conservé dans la dénomination de nos rues.

A l'origine ce sont les grands seigneurs féodaux qui étaient possesseurs de ces domaines et des terres cultivées par une population rurale bénéficiant de la protection de ces riches propriétaires. Deux de ces résidences portaient jusqu'à récemment le nom de château, Frescaty et Courcelles.

A Frescaty, deux demeures s'étaient succédées, la construction de l'évêque de Metz Monseigneur de Coislin en 1712 suivie du château Bouchotte édifié vers 1825 avec les pierres des ruines du premier. C'est ce dernier qui fut entièrement détruit et rasé en 1944.
Subsiste aujourd'hui, magnifiquement réhabilité le château de Courcelles.
Edifié dans un cadre de verdure, sur le plateau qui détermine le versant de rive droite de la Moselle, entre Tournebride à Moulins-lès-Metz et la colline sainte Croix à Metz, le " château de Courcelles " et son parc offrent une vue très ouverte sur les côtes, notamment le Saint Quentin. Cette très belle maison de maître dont la construction remonte au début du XVIIIè siècle, figure pour la première fois, en 1716, sur un plan de Nicolas Duchêne comme appartenant " à Monsieur de Courcelles "

De nombreux propriétaires devaient s'y succéder au cours des siècles, de Charles Joseph de Courcelles (époux de Barbe Besser dont la famille possédait la seigneurie), conseiller secrétaire du Roi ; au XVIIIè siècle à Pierre Charles Baudinet de Courcelles, capitaine du régiment de Bourbonnais, seigneur de Courcelles (Meurthe et Moselle) au début du XIXè siècle. Entre ces deux familles (sans aucun lien de parenté) qui devaient pérenniser leur homonymie pour le futur nom du château, se suivent au XVIIIè siècle, plusieurs maisons appartenant à la noblesse :

- les Gousseaud, (1748)
- les Chastel de Villemont, (1762)
- les Lecomte d'Humbepaire, (1776)
- les Michelet, seigneurs de Vatimont, (1781)

Les Baudinet de Courcelles qui l'acquièrent en 1802, le conservent jusqu'en 1949, date à laquelle la ville de Montigny- les- Metz en devient propriétaire.
La ville n'en fait pas grand usage même si écoles, associations diverses et un cabinet d'architectes l'occupent. Très délabré, plusieurs projets se font jour sans trouver un début de réalisation. Il faut attendre 2002 pour que la volonté municipale affirme une restauration dans toute son ampleur.

Une date a retenu plus particulièrement l'attention des historiens, le 1er septembre 1744. Festivités et réjouissances se déroulèrent dans la demeure " pour la convalescence du Roi ", Louis XV, qui était soudainement tombé gravement malade lors de sa visite et de son séjour à Metz. Une relation de cette journée mémorable nous est parvenue. Les Mousquetaires Noirs du détachement de la garde de Sa Majesté qui logeaient à Montigny " sont allés en corps à l'église des dames religieuses ... où ils ont entendu les Vêpres... ", puis " Messieurs les Mousquetaires sont retournés au château...Là, une illumination admirable et bien entendue a succédé au jour.... Sur les huit heures du soir, on a allumé un grand et beau feu de joie....Six canons annonçaient et répétaient à la ville de Metz et à tous les environs que la joie régnait à Montigny... quatre tables de cent couverts au moins ont été servies... les vins les plus délicats y coulaient.... Une musique excellente assaisonnait les uns et les autres... la santé du Roi ne saurait être oubliée, elle a été portée et bue plusieurs fois ". Les Montigniens, dans l'ensemble de condition modeste, sont restés frappés devant ces agapes grandioses.

Situé au fond d'un jardin fermé sur la rue par une grille de fer forgé, on reconnaît deux pavillons de part et d'autre de l'entrée principale et en retrait une vaste résidence à laquelle on accède par une imposante allée de marronniers, tilleuls et cycomores centenaires. La façade, cour d'honneur est parcourue de terrasses percées de niches abritant des statues à l'antique.
Côté jardin, elle est ornée de deux décrochements et ouvre sur le parc, aménagé sur le plan végétal et regardant vers la pièce d'eau. En son temps, le parc était aussi ornementé de statues et de groupes sculptés faisant appel aux éléments naturels du proche environnement (les rivières de Moselle et Seille) les personnages historiques (François de Guise) et les événements (siège de 1552) dont la ville avait été le théâtre. Certaines de ces œuvres ont été vendues et on les trouve aujourd'hui dans un jardin parisien (La Maison de l'Amérique Latine). Aujourd'hui, seules deux ont traversé les siècles :

Le château s'anime avec ses toits d'ardoise accompagnés de lucarnes et capte la lumière grâce à ses neuf travées de hautes fenêtres disposées sur deux niveaux.

Dans le tissu Montignien aux côtés des édifices religieux, des bâtiments militaires, des établissements d'éducation, le château de Courcelles est l'unique construction civile d'envergure qui offre une histoire et une architecture vivante.
L'Espace Europa-Courcelles vous ouvre ses portes. Au château de Courcelles, tout un chacun pourra mener un train élégant, convivial et respectueux entre glaces et miroirs surmontés de trumeaux. Parquets, boiseries, marbres, lambris et gypse accueilleront conversations et causeries rythmées par le frôlement des soieries et le chuchotement des grands arbres répétant à l'envi les rumeurs de la vallée.